Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Du Barbare moderne. « Le but suprême de l’Etat-Peuple est de conserver les éléments originaires de la race qui, en répandant la culture, créent la beauté et la dignité d’une humanité supérieure. En tout cas, l’Europe, maîtresse des rites. "- … Discours sur le colonialisme (1950) #Europe; Sombre @sombre CC BY-SA. | Se connecter | », Et puis, plus bas, toujours plus bas, jusqu’au fond de la fosse, plus bas que ne peut descendre la pelle, M. Jules Romains, de l’Académie française et de la Revue des Deux Mondes (peu importe, bien entendu, que M. Farigoule change de nom une fois de plus -et se fasse, ici, appeler Salsette pour la commodité de la situation). Un sort particulier est fait à Mircea Eliade, pour avoir osé écrire la phrase suivante : « Devant lui, l’Européen a maintenant, non plus des indigènes, mais des interlocuteurs. La candeur de Léon Bloy s’indignait jadis que des escrocs, des parjures, des faussaires, des voleurs, des proxénètes fussent chargés de « porter aux Indes l’exemple des vertus chrétiennes ». Établissements, libraires, particuliers : commandez vos manuels papier et numériques. Quelques jours avant son 37e anniversaire, en 1950, Aimé Césaire publiait son célèbre essai 'Discours sur le colonialisme'. La pensée des Bantous étant ontologique, les Bantous ne demandent de satisfaction que d’ordre ontologique. On l’ausculte, on la surprend, on la sent, on la suit, on la perd, on la retrouve, on la file et elle s’étale chaque jour plus nauséeuse. La violence ! Lisez ce Littérature Recherche de Documents et plus de 246 000 autres dissertation. Je vois bien ce que la colonisation a détruit : les admirables civilisations indiennes et que ni Deterding, ni Royal Dutch, ni Standard Oil ne me consoleront jamais des Aztèques ni des lncas. Vos manuels numériques enrichis, disponibles sans connexion internet et sur toutes les plateformes. Ma seule consolation est que les colonisations passent, que les nations ne sommeillent qu’un temps et que les peuples demeurent. En 1950, il publie Discours sur le colonialisme, texte qui oue un rôle considérable dans la prise de conscience des acteurs politiques et culturels de la décolonisation. Notre Gourou est lâché ; ça y est ; il va tout dire ; il commence : « Les pays chauds typiques se trouvent devant le dilemme suivant : stagnation économique et sauvegarde des indigènes ou développement économique provisoire et régression des indigènes. Le Jaune, le Noir n’est pas du tout notre cousin. M. Caillois n’a jamais songé à achever un infirme ! Et puis ça donne encore ceci :« Au point de vue sélectionniste, je regarderais comme fâcheux le très grand développement numérique des éléments jaunes et noirs qui seraient d’une élimination difficile. Le texte : Discours sur le colonialisme (1959), Aimé Césaire Mais parlons des colonisés. » Et c’est signé Psichari-soldat-d’Afrique. Nul ne nie la véracité de Balzac. On m’excusera d’avoir si longuement parlé de M. Caillois. Aimé Fernand David Césaire (/ ɛ m eɪ s eɪ ˈ z ɛər /; French: [ɛme sezɛʁ]; 26 June 1913 – 17 April 2008) was a Francophone and French poet, an Afro-Caribbean author and politician from the region of Martinique. Aimé Cesaire Discours sur le Colonialisme-1 **Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Texte intégral révisé suivi du Petit matin d'Aimé Césaire par René Despestre. le racisme de ces messieurs ne me vexe pas. ». Chut ! Je sais tout ce qu’il y a de fallacieux dans les parallèles historiques, dans celui que je vais esquisser notamment. Alors, encore une fois, attention !L’américaine, la seule domination dont on ne réchappe pas. Et nous lisons ensemble :« Civilisés jusqu’à la moelle des os ! On veut s’assurer qu’un meilleur sort sera réservé à M. Caillois, qui, pour défendre la même cause sacrée, transforme sa plume en bonne dague de Tolède. Aimé Césaire, dans cette édition, avait choisi de mettre en exergue, cette phrase du dirigeant communiste : « Le colonialisme, cette honte du XXe siècle ». On me parle de progrès, de « réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. - Mais le racisme américain ? Revenons plutôt en arrière. Mais descendons d’un degré. Aimé Césaire Discours sur le colonialisme (1950) Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne … Aimé Césaire en 2003 Aimé Césaire (1913-…) homme politique martiniquais fut de 1946 à 1993 député à l’Assemblée nationale française. L ’Europe est indéfendable. Fort bien, c’est son droit. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler. Pour ouvrir ici une parenthèse dans ma parenthèse, je crois qu’un jour viendra où tous les éléments réunis, toutes les sources dépouillées, toutes les circonstances de l’œuvre élucidées, il sera possible de donner des Chants de Maldoror une interprétation matérialiste et historique qui fera apparaître de cette épopée forcenée un aspect par trop méconnu, celui d’une implacable dénonciation d’une forme très précise de société, telle qu’elle ne pouvait échapper au plus aigu des regards vers l’année 1865. [7] II est significatif qu’au moment même où M. Caillois entreprenait sa croisade, une revue colonialiste belge, d’inspiration gouvernementale (Europe-Afrique, n° 6, janvier 1955), se livrait à une agression absolument identique contre l’ethnographie : « Auparavant, le colonisateur concevait fondamentalement son rapport avec le colonisé comme celui d’un homme civilisé avec un homme sauvage. On m’en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d’hectares d’oliviers ou de vignes plantés. Il paraît que c’est tirer de vieux squelettes du placard. On y retrouve l'humanisme sans complaisance de Césaire et l'on redécouvre avec émotion la force d'un texte écrit au début des années 19 Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine. Et de fait, ne voyez-vous pas avec quelle ostentation ces messieurs viennent de déployer l’étendard de l’anti-colonialisme ? Aimé Césaire nous expose ses ressentiments sur la colonisation et ses dérives et conséquences sur les peuples opprimés. ». tue ! On me parle de tyrans locaux mis à la raison ; mais je constate qu’en général ils font très bon ménage avec les nouveaux et que, de ceux-ci aux anciens et vice- versa, il s’est établi, au détriment des peuples, un circuit de bons services et de complicité. », Fallait-il enfin rejeter dans les ténèbres de l’oubli le fait d’armes mémorable du commandant Gérard et se taire sur la prise d’Ambike, une ville qui, à vrai dire, n’avait jamais songé se défendre : Je veux bien ; ça nous changera de tant de sensationnels navets qui adornent tant de capitales européennes. Que seul l’Occident sait penser ; qu’aux limites du monde occidental commence le ténébreux royaume de la pensée primitive, laquelle, dominée par la notion de participation, incapable de logique, est le type même de la fausse pensée. C’est que l’entendement bourgeois est de plus en plus rebelle à la finasserie et que leurs maîtres sont condamnés à se détourner d’eux de plus en plus pour applaudir de plus en plus d’autres moins subtils et plus brutaux. Personne, que je sache, lorsque M. Albert Sarraut, tenant discours aux élèves de l’Ecole coloniale, leur enseigne qu’il serait puéril d’opposer aux entreprises européennes de colonisation « un prétendu droit d’occupation et je ne sais quel autre droit de farouche isolement qui pérenniseraient en des mains incapables la vaine possession de richesses sans emploi ». Les routes ! Que disait M. Massis ? M. Caillois n’a jamais mangé personne ! C’est un fait : la nation est un phénomène bourgeois... Mais précisément, si je détourne les yeux de l’homme pour regarder les nations, je constate qu’ici encore, le péril est grand ; que l’entreprise coloniale est, au monde moderne, ce que l’impérialisme romain fut au monde antique : préparateur du Désastre et fourrier de la Catastrophe : Eh quoi ? L’homme du peuple est presque toujours, chez nous, un noble déclassé, sa lourde main est bien mieux faite pour manier l’épée que l’outil servile. C’est à ce malaise, à cette inquiétude, que M . Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, 1950 ; Texte intégral en version PDF vendredi 19 octobre 2018 , par jbl1960 (Date de rédaction antérieure : 19 octobre 2018). Autrement dit, obtenez qu’en tête de la hiérarchie des forces vitales bantoues, prenne place le Blanc, et le Belge singulièrement, et plus singulièrement encore Albert ou Léopold, et le tour est joué. CE LUNDI 22 JUIN 2015 à 15H. », C’est clair, pour M. Yves Florenne, c’est le sang qui fait la France et les bases de la nation sont biologiques : « Son peuple, son génie sont faits d’un équilibre millénaire, vigoureux et délicat à la fois et... certaines ruptures inquiétantes de cet équilibre coïncident avec l’infusion massive et souvent hasardeuse de sang étranger qu’elle a dû subir depuis une trentaine d’années. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Le S. S. a bon dos. Le Discours sur le colonialisme est suivi du Discours sur la Négritude, qu'Aimé Césaire a prononcé à l'Université internationale de Floride (Miami), en 1987. Cela se produira même probablement d’une manière inévitable si la solution simpliste n’intervient pas : une seule race supérieure, nivelée par sélection. Le progrès est qu’aujourd’hui, c’est le détenteur des « vertus chrétiennes » qui brigue - et s’en tire fort bien - l’honneur d’administrer outre-mer selon les procédés des faussaires et des tortionnaires. Je fais l’apologie systématique des sociétés détruites par l’impérialisme. Que, si vous faîtes la critique du colonialisme qui accule au désespoir les populations les plus pacifiques, M. Mannoni vous expliquera qu’après tout, le responsable, ce n’est pas le Blanc colonialiste, mais les Malgaches colonisés. Qu’allons-nous faire lorsque bientôt la domination du monde va tomber entre nos mains. Et aujourd’hui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses européennes qui incriminent, mais que l’acte d’accusation est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions d’hommes qui, du fond de l’esclavage, s’érigent en juges. ». Violence, démesure, gaspillage, mercantilisme, bluff, grégarisme, la bêtise, la vulgarité, le désordre. C’étaient des sociétés coopératives, des sociétés fraternelles. Seulement, attention ; il importe qu’il soit bien entendu que cette tolérance, nègres, Juifs, Australiens, la doivent, non à leurs mérites respectifs, mais à la magnanimité de M. Caillois, non à un diktat de la science, laquelle ne saurait offrir de vérités qu’éphémères, mais à un décret de la conscience de M. Caillois, laquelle ne saurait être qu’absolue ; que cette tolérance n’est conditionnée par rien, garantie par rien si ce n’est par ce que M. Caillois se doit à lui- même. Quand l’empire romain, en grandissant, entreprit de conquérir et de détruire ces corps de nations, les sophistes éblouis crurent voir, au bout de ce chemin, l’humanité triomphante dans Rome. Faites fonctionner l’oublioir ! Rather than elevating the non-Western world, the colonizers de-civilize the colonized. direz-vous. Auparavant, bien entendu, il aura fallu débroussailler la route des commentaires occultistes et métaphysiques qui l’offusquent ; redonner son importance à telles strophes négligées - celle, par exemple, entre toutes, étrange de la mine de poux où on n’acceptera de voir ni plus ni moins que la dénonciation du pouvoir maléfique de l’or et de la thésaurisation ; restituer sa vraie place à l’admirable épisode de l’omnibus, et consentir à y trouver très platement ce qui y est, savoir la peinture à peine allégorique d’une société où les privilégiés, confortablement assis, refusent de se serrer pour faire place au nouvel arrivant, et - soit dit en passant - qui recueille l’enfant durement rejeté ? En 1950, il publie Discours sur le colonialisme, texte qui oue un rôle considérable dans la prise de conscience des acteurs politiques et culturels de la décolonisation. », Et en 1914 : « Que ferons-nous de cette Angleterre et de cet Empire, prochainement, quand les forces économiques auront mis entre nos mains la direction de la race ? » (Vous savez bien, voyons. PRÉSENSE AFRICAINE, 1989, p. 11-12 : On parla de l’unité de l’esprit humain ; ce ne fut qu’un rêve. En vérité, il est des tares qu’il n’est au pouvoir de personne de réparer et que l ’on n’a jamais fini d’expier. La règle, au contraire, est de la muflerie bourgeoise. Le motif ? Des aventuriers qui troublent la société européenne, faites un ver sacrum, un essaim comme ceux des Francs, des Lombards, des Normands, chacun sera dans son rôle. Au lieu que ce soient les seuls mots que l’on puisse, en toute honnêteté, appliquer aux entreprises européennes hors d’Europe. Ceux qui, comme Ramadier, s’en barbouillent - à la Silène - la face ; Fonlup - Esperaber [4], qui s’en empèse les moustaches, genre vieux-Gaulois-à-la-tête-ronde ; le vieux Desjardins penché sur les effluves de la cuve, et s’en grisant comme d’un vin doux. Et quand le cadavre bafouille, ça donne des choses dans le goût que voici : « Il n’y avait que trop de vérité dans ce premier mouvement des Européens qui refusèrent, au siècle de Colomb, de reconnaître leurs semblables dans les hommes dégradés qui peuplaient le nouveau monde... On ne saurait fixer un instant ses regards sur le sauvage sans lire l’anathème écrit, je ne dis pas seulement dans son âme, mais jusque sur la forme extérieure de son corps. le racisme européen aux colonies nous a aguerris ! Si l’Europe ne galvanise les cultures moribondes ou ne suscite des cultures nouvelles ; si elle ne se fait réveilleuse de patries et de civilisations, ceci dit sans tenir compte de l’admirable résistance des peuples coloniaux, que symbolisent actuellement le Viet-Nam de façon éclatante, mais aussi l’Afrique du R.D.A., l’Europe se sera enlevé à elle-même son ultime chance et, de ses propres mains, tiré sur elle-même le drap des mortelles ténèbres. Je vois bien celles - condamnées à terme - dans lesquelles elle a introduit un principe de ruine : Océanie, Nigeria, Nyassaland. Ces nègres n’imaginent même pas ce que c’est que la liberté. Aimé Césaire en 2003 Aimé Césaire (1913-…) homme politique martiniquais fut de 1946 à 1993 député à l’Assemblée nationale française. Et le silence se fait profond comme un coffre-fort ! Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, sous la direction de Costantini Dino. Disparus, confondus, méconnaissables au royaume des pâles ratiocinations.